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Alors que le commissaire Erlendur est toujours en vacances, le jeune inspecteur Sigurdur Oli se retrouve sur une enquête embarrassante. Son meilleur ami lui demande d'user de son statut de flic pour raisonner une femme qui fait chanter son beau-frère suite à une soirée échangiste. Alors qu'il entre chez la maître-chanteuse, un homme emcapuchonné muni d'une batte de base ball le met à terre et s'enfuit non s'en l'avoir bien molesté. La jeune femme baigne dans son sang, elle décèdera quelques jours plus tard de ses blessures. Sigurdur Oli va devoir la jouer fine pour justifier sa présence sur les lieux. Au détour de l'enquête Sigurdur croise Andréas le clochard, enfant il était victime des sévices de son beau-père pédophile. Alors que sa séparation d'avec sa femme le mine il n'en fini pas de chercher des réponses à cet échec c'est lassant ! Enfin lui si guindé, si bourré de préjugés se trouve confronté à tout ce qu'il méprise de la société islandaise au final c'est là que le lecteur jubile. de la débauche en passant par les banquiers véreux, de la pornographie en passant par la pédophilie, le jeune inspecteur doit prendre sur lui pour s'imprégner dans cet univers qu'il exècre afin de mener à bien son enquête. le personnage de Sigurdur Oli nous apparaît dans ce polar encore plus antipathique que dans les précédentes enquêtes, il a tout pour déplaire, du coup j'aurais d'autant plus de plaisir à retrouver le vrai héros de cette série c'est-à-dire Erlendur !
Ian Mc Ewan s'est inspiré d'un article paru dans une revue de psychiatrie pour écrire ce roman. L'affaire commence par une scène étourdissante ou un certain Jed Parry tombe amoureux de Joe Rose le narrateur, alors qu'ils sont tous les deux en train de tenter de sauver un gamin en péril à bord d'une montgolfière. Paisible chroniqueur scientifique épris de sa femme Clarissa, Joe va subir tout au long du roman le harcèlement pervers et ambigu de ce type qui s'avère atteint d'une maladie mentale appelée « syndrome de Clérambault », une psychose construite autour de la conviction délirante que l'on est aimé par une personne. Contre toute évidence Jed Parry est persuadé que Joe lui a fait des avances et qu'il cherche à se masquer son amour pour lui. Jed le psychotique illuminé non seulement lui pourrit la vie, mais surtout parvient à insinuer le doute partout ; dans son entourage, auprès de sa femme, de la police, du lecteur et même de Joe lui-même. Si certains passages scientifiques sont parfois inutiles à mon goût, malgré tout les pages se tournent avidement désireux que l'on est de connaître l'issue de ce roman hitchcockien. Avec talent l'auteur réussit à nicher l'angoisse et l'autodestruction dans les plus petits faits de la vie ordinaire pour nous guider en expert dans le dédale étrange de l'érotomanie. Cet auteur à l'art de décortiquer l'âme humaine, surtout le côté obscur qui nous angoisse tant, après libre au lecteur d'oser s'aventurer de ce côté ci !
Simon Axler est un comédien d'une soixantaine d'année qui après quarante ans d'une carrière triomphante voit son talent lui échapper. Cette perte de confiance en lui, lui si vaniteux qui n'a jamais connu l'échec, le met face à une épreuve quasi insurmontable. Il réalise qu'au fond toute sa vie l'humain ne fait que jouer un rôle. Sa femme ne le supporte plus, le quitte, il sombre en dépression jusqu'à l'internement pour parer à l'envie de suicide. Là il rencontre Sybil, une femme suicidaire victime d'une histoire familiale qui lui donne l'occasion d'écouter la vie et non juste la jouer ! de retour chez lui, il noue des liens avec Pegeen, une jeune homosexuelle fille d'amis comédiens qui vient de se séparer de sa compagne qui a décidé de devenir un homme. Désireuse d'une expérience hétérosexuelle, Simon se prête au jeu et devient son amant. Lucide sur son état d'homme vieillissant, Axler donne tout ce qu'il a dans cette relation afin de jouir de ce que la vie veut bien encore lui donner. Pegeen âgé de 25 ans de moins, elle, n'est pas du tout certaine que cette nouvelle orientation sexuelle lui convienne, quand elle lui en fait part il sait que pour lui le dernier acte se joue. L'auteur signe un roman ironique sur la détresse d'un homme vieillissant qui face à une mort certaine sombre dans une déchéance sexuelle qui ne le sauvera pas ! Un rabaissement un rien pathétique malgré une plume on ne peut plus perspicace.
Lakhdar est un jeune Tangérois âgé de 20 ans qui rêve de liberté en lisant des romans de série noire et en matant les jolies étrangères avec son ami d'enfance Bassam. Quand son père le surprend nu dans les bras de sa cousine Meryem, ce péché suprême lui vaut d'être mis à la rue. Son ami Bassam lui fait rencontrer le dirigeant du « Groupe pour la diffusion de la pensée coranique », le Cheikh Nouredine qui lui propose de s'occuper de la librairie du Groupe moyennant un salaire et une chambre, une aubaine pour lui qui n'en peut plus de sa vie de SDF. Les femmes le hantent, il ne cesse de penser à sa cousine Meryem, à sa mère, alors quand il rencontre Judith une étudiante catalane passionnée par la culture arabe son rêve de traverser le détroit pour rejoindre l'Espagne est d'autant plus motivé ! A Marrakech une bombe explose, la librairie du « Groupe » est ravagée par les flammes, le doute s'installe mais il ne peut réellement croire à l'implication de Bassam et du Cheik Nouredine qu'il admire tant. Il s'échappe, fini par rejoindre l'Espagne sans passeport avec toutes les galères que cela implique. Se raccrochant aux sentiments de Judith, il survit là ou échouent ceux qui viennent d'ailleurs « Rue des voleurs » en plein cœur de Barcelonne. Quand Bassam le retrouve, Lakhdar a perdu sa candeur, l'errance, le déshonneur, la pauvreté, le fanatisme le conduisent à la révolte et au meurtre. L'auteur qui a vécu lui-même en pays arabe pendant dix ans donne une vision de ce qu'est la vie d'un jeune qui vit sous un joug militaire ou religieux en revenant sur les révolutions de 2011, le mouvement des indignés en Espagne et la victoire des partis islamistes en Tunisie et en Egypte. C'est aussi un hommage à la littérature arabe à laquelle il fait beaucoup référence, mais c'est surtout une façon d'interpeller le lecteur européen sur les réalités de la vie de cette jeunesse assoiffée de liberté.
Alors qu'il est impatient de fêter son anniversaire avec ses parents, un petit garçon se retrouve nez à nez avec son gâteau au chocolat, étant donné que ses parents ont dû partir en catastrophe accomplir leur devoir de pompier. L'enfant frustré se trouve bien embarrassé devant ce gâteau ! Doit-il le manger ou non ? Et voilà que le gâteau se met à lui faire la conversation, exprimant des sentiments qu'au fond le jeune garçon connaît bien. Ils finissent par bien se comprendre tous les deux et c'est avec délectation que l'enfant déguste son gâteau au chocolat lui permettant ainsi d'adoucir sa déception d'anniversaire manqué ! Un court roman ponctué de douces aquarelles, associé à un texte ou l'humour sarcastique propre à Martin Page ne manque pas d'analyser nos frustrations les plus intimes. Conclusion, la dégustation d'un bon gâteau au chocolat s'avère la plus douce manière de se réconforter des petits travers de la vie !
A Buenos Aires, après avoir survécu en se prostituant Jana est aujourd'hui devenue une jeune sculptrice. D'origine Mapuche, un peuple indien persécuté et dépouillé de ses terres, elle est amie avec Paula un travesti qui se produit de cabarets en cabarets et qui fait le trottoir aux côtés de son copain Luz. le jour où Paula dit à Jana que Luz a disparu, ensemble ils se rendent sur les docks, hélas la police est déjà présente le corps de Luz est retrouvé noyé et mutilé. Jana fait alors la rencontre de Ruben Calderon un des rares prisonniers à avoir survécu à la dictature de Videla de 1976 à 1983, son père et sa sœur eux n'ont pas eu cette chance ! Il est devenu le détective de l'association « les Mères de la place de Mai » pour laquelle sa mère milite afin de tenter de retrouver les 30 000 disparus dont 500 bébés et de faire condamner les bourreaux. Quand il rencontre Jana, il enquête sur la curieuse disparition de Maria Campallo, fille d'un homme influent ami du maire de Buenos Aires qui a soutenu la dictature. Entre la disparition de Maria et de Luz, Ruben découvre rapidement un lien. le couple Jana et Ruben s'associent pour une traque sans merci qui permettra à chacun de se libérer d'un passé oppressant que seul la justice pouvait assainir. Un roman dense, lyrique, d'une violence intense qui distille savamment l'histoire de l'Argentine qui elle, n'a rien de tendre ! Comme dans ces précédents romans on sent l'auteur engagé pour la cause des opprimés, un roman noir documenté époustouflant signé par une plume française voilà qui fait plaisir !.
En chine, Mme Ming est dame pipi dans un grand hôtel où réside provisoirement un homme d'affaire français. Alors qu'il descend aux toilettes pour nettoyer sa chemise qu'il a tâché en se blessant, Mme Ming vient à son secours. Dès lors ils sympathisent se côtoyant un peu plus chaque jour, dévoilant les aléas de leur vie personnelle. Quand Madame Ming annonce qu'elle a dix enfants dans un pays ou il y a une loi exigeant un enfant par famille, l'homme d'affaire ne sait plus si il doit la croire. Et quand elle lui demande, si il a des enfants et qu'il répond qu'il en a deux, alors qu'il vient de plaquer sa petite amie Irène alors qu'elle était enceinte, il réalise la facilité du mensonge qu'on s'invente pour se sortir de situations indésirables. C'est ainsi qu'il écoute assidûment Mme Ming lui parler de ses dix enfants aux destins incroyables puisque rêvés ! Cette femme largement imprégnée de la sagesse de Confucius fascine le jeune français qui finalement se laissera gagner par cette sagesse et s'empressera de rejoindre la France pour retrouver Irène. Un court roman qui clôture le Cycle de l'invisible. L'occasion de s'ouvrir à la philosophie et à la culture asiatique pour une petite introspection toujours bienvenue !